Team Laïta - Interview de notre photographe : Stanislas Liban

by Luli Rodriguez Gugliotta


Comment es-tu venu à la photographie?

Par chance et par hasard. A la fin de mes études, ne sachant pas quoi faire dans la vie, j’ai suivi mon amie Mélanie qui partait en Inde réaliser un guide touristique. C’est là que j’ai fait mes premières photos. J’ai ensuite exposé ces images et mes amis m’ont encouragé à continuer dans cette voie. Je suis devenu photographe pour le plaisir que chaque photo m’apporte, même si mes premières années furent compliquées. Sans quelques rencontres essentielles, ni le soutien de personnes comme Xavier et JB, j'aurais sûrement sombré et fini par faire carrière dans le football...

Cela fait huit ans, et je travaille, je regarde, j’apprends et je ne sais pas jusqu’où mon appareil photo peut m’emmener.
StanislasLiban

Quelle vision as-tu de ton métier? Comment tu le vois ? Comment tu avances ?

J’ai cru au départ qu’il suffisait d’ouvrir boutique pour voir arriver les clients, mais j’ai vite compris que le meilleur moyen de faire parler de soi était de laisser les autres le faire à sa place. Mes images aussi sont plus efficaces que mes mots.

Je travaille à mon rythme, je fais mon chemin, je gagne ma vie. Je considère que je dois toujours faire mieux, que je dois avoir toujours plus de matière à montrer.

Le métier de photographe est délicat dans son rapport au temps et à l’instant, mais laborieux dans le processus qui mène à l’aboutissement qu’est une photographie. Je suis extrêmement exigeant avec moi-même, donc je construis, en fait, les projets que l’on me proposera à l’avenir.

Quel est ton style de photo ? Il y en a un en particulier ?

Trois choses me viennent à l’esprit : témoigner, raconter des histoires et rendre le commun plus agréable aux yeux de ceux qui regardent mes images. Je m’amuse beaucoup, je fuis la routine et j’avance sur tout. C’est ce pourquoi j’aime mon métier !

Tu vois la photo comme une thérapie ?

Quand tu es derrière un appareil photo, les gens voient ton appareil plus que toi ! Et c’est une sensation agréable, de disparaître en étant présent. Après, l’image du photographe, j’en ai jamais rien eu à faire : qui marche mieux ? qui expose ici ou là ?... On est toujours le con de quelqu’un, donc quoiqu'il en soit je persévère et j’avance. Tu peux me laisser cinq semaines seul dans le Vercors, si j’ai mon appareil et mes baskets, je suis très heureux !

C’est un juste milieu entre le plaisir, et le boulot. L’idéal pour moi c’est en fait l’idée de témoigner de choses que les gens ne voient pas.

Je regarde une vie, une lumière, des détails, un instant, des formes et des couleurs. Chacun ses repères.… On voyage autrement.

Ma photographie a changé le jour ou je me suis offert un appareil argentique. C’est le jour où j’ai compris qu’en fait ce n‘était pas 3 photos en numérique qui faisaient une belle photo, mais plutôt la quête d'une photo. Celle que tu recherches et dans laquelle le risque existe, celle de l’instantané. Quelle que soit la qualité de l’image, sa valeur est décuplée parce que j’aurais mis plus de « moi ». Je suis très attaché à la pellicule, à la réflexion de cette photo.

L’idéal pour moi c’est en fait l’idée de témoigner de choses que les gens ne voient pas.

Est ce que tu as Une photo, La photo dans ton travail?

(Il réfléchit assez longuement) Si je ne devais en choisir qu’une seule, je choisirais la photo qui a fait que j’ai pu me sentir photographe. Elle s’appelle “Pantry Car”, faite en Inde en 2008. Elle représente un train dans un bled. Il y a ce type qui regarde par la fenêtre ouverte du train, qui a l’air heureux que je m’intéresse à lui. Le train est en marche et je suis son mouvement. Une femme aux allures de Pocahontas entre dans le champ de l’appareil et la photo est faite. C’est très personnel mais je suis très attaché à cette image.

Pantry Car

Est ce que c’est cette photo qui t’a donné le plus de plaisir?

La photo qui m’a donné le plus de plaisir est une photo que j’ai faite pendant le festival Omnivore il y a trois ans. C’est une photo de Pierre-Sang Boyer. Et c’était ma première double page dans un magazine (Télérama). C’est très symbolique.

Parle-nous de ton travail avec Laïta :

Notre collaboration, avec Laïta, est basée sur la confiance et l’échange, et ce depuis la première collection. L’atmosphère de travail est vraiment sympa! Nous échangeons systématiquement nos points de vue sur les directions que l’on aimerait donner à la campagne en préparation. Rien n’est imposé, tout se discute. C’est certainement parce que nous avons les mêmes idées quant à leur projet. En même temps, l’esprit de la marque colle parfaitement avec mes origines. Comme mon nom l’indique, je suis d’origine argentine…

Au-delà du fait qu’on soit copains, l’esprit Laïta est en adéquation avec mes envies de photos du moment. La première collection était assez géométrique, « sur les toits » de l’Atelier Laïta. La seconde, dans la forêt est très réussie… La troisième, dans la jungle mézoarguienne, était plus dense. L’essentiel, c’est que cela reflète les modèles de Luli, ses envies à elles, l’esprit de la collection…

campaignes-laita

Il y a une dizaine de jours est sortie la nouvelle campagne « Marée basse », réalisée en Normandie… Qu’est-ce que tu en penses ?

J’en suis très heureux parce que, selon moi, c’est la plus aboutie. Il faut reconnaître que l’équipe est assez restreinte, mais les moyens sont illimités tant l’envie de réussir nous porte, la volonté aussi. C’est peut-être en termes de temps que l’on est le plus limité.

Cependant, avec cette collection, on a atteint une vraie forme de maturité. Toute l’équipe progresse, que ce soit en termes de vision, de prévisions, d’organisation et d’expérience … En tant qu’équipe, on a vraiment réussi quelque chose de remarquable. Jamais le « top », parce qu’on fera encore mieux la prochaine fois, mais c’était un vrai, beau travail.

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