Il va falloir voyager

by Luli Rodriguez Gugliotta


Après Salta, où nous avons atterri puis découvert les enfant du Llullaillaco, nous prenons la route de l'Atliplano et de San Antonio de los Cobres. Une petite ville de 5200 habitants - chef lieu du département de "Los Andes".

La vue de l'hôtel de las Nubes, en gros... 

La vue de l'hôtel de las Nubes, en gros... 

Nous sommes désormais à 3800 mètres d'altitude. Le seul hôtel du "pueblo" s'appelle "Hostal de las nubes" - ou l'Hôtel des nuages - en référence au fameux train de las nubes, construit entre 1930 et 1933, qui fait la liaison entre Salta en Argentine et le Chili en passant à 4220 mètres d'altitude. 

Un viaduc du "Train de las nubes", à 4200 mètres d'altitude, construit en 1932.

Un viaduc du "Train de las nubes", à 4200 mètres d'altitude, construit en 1932.

Luli refusant de mastiquer des feuilles de coca - prétextant que je sens à présent "très très mauvais de la bouche " - elle passe fort logiquement une matinée ensoleillée à "l'hôpital". L'occasion de respirer un peu d'oxygène pur et surtout de constater la bonne humeur qui règne dans cette endroit (cf la vidéo ci-dessous). 

Nous sommes ici avant tout car San Antonio de los Cobres est censée être la capitale régionale de l'artisanat. Nous sommes en plein dans ce qui fut autrefois le territoire inca. Et les traditions perdurent. 

Les artisans de l'Altiplano se réunissent en réalité dans une halle de marché. Ils font des "quarts", comme dans un bateau, pour tenir leurs échoppes. Ils sont une petite dizaine en ce jour et nous sommes les seuls "touristes".

Les andins de cette région ont presque entièrement cessé le tissage d'aguayo traditionnel, beaucoup trop long à confectionner et complexe à réaliser, donc un savoir-faire difficile à transmettre. Ils se sont finalement orientés vers la confection de "pancho", en laine de lama. C'est sublime et très chaud. Et on les comprend : il a fait -9 degrés pendant notre nuit sur place, alors qu'il en faisait 35 quelques heures avant. 

Il est impossible pour Laïta d'utiliser ces ponchos traditionnels pour la confection de ses sacs. San Antonio de los Cobres sera en réalité l'occasion pour nous de prendre conscience du temps et de l'espace de l'Altiplano, qui semblent être différents ici. La journée s'écoule, et une certaine torpeur semble régner dans cette ville. Les conversations ne s'engagent jamais vraiment, même si nous apprendrons plus tard que la quasi totalité des hommes travaillent dans des mines de cuivre de la région et qu'il y restent deux mois sur trois. 

La curieuse sensation d'être dans une ville suspendue, la vue s'étire à 200 km, au delà du salar de Salinas Grande. Les dimensions bouleversent les sens ! 

En quittant la ville par la mythique "Ruta 40" qui traverse l'Argentine du nord au sud, nous rencontrerons en revanche un petite fille, Lucilla. Lucilla crée, pendant ses vacances d'été, des figurines de Lama, confectionnées à partir de fil de fer plié et de laine de lama. Les "mêmes" figurines que les incas donnaient en offrande à leurs déités. Nous lui achetons un de ces petits lamas de laine qui, nous dit-elle, s'appelle Gustavo : la nouvelle mascotte de Laïta.   

Gustavo le lama 

Gustavo le lama